LE CODE POUR UNE ÉTHIQUE GLOBALE:
Vers une
civilisation humaniste

RODRIGUE TREMBLAY
Disponible
dès le 29 janvier 2009.
Les Éditions
Liber,
2318, rue
Bélanger,
Montréal, Qc,
Canada H2G 1C8
Courriel: calabrese@editionsliber.com
Tel.: 514-522-3227
Fax: 514-522-2007
Distribution: Diffusion
Dimédia
Voir aussi: www.LeCodePourUneEthiqueGlobale.com
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Prologue de l'auteur
Proclamer la dignité humaine et l'égalité
inhérente des êtres humains en tous lieux et en toutes
circonstances.
Chapitre 2 RESPECT
POUR LA VIE ET LA PROPRIÉTÉ DES AUTRES
Respecter la vie et la propriété d'autrui en tout temps.
Chapitre 3 tolÉrance ET OUVERTURE D'ESPRIT
À L'ENDROIT DES AUTRES
Pratiquer la tolérance et l'ouverture d'esprit face aux choix et
aux modes de vie des autres.
Chapitre 4 PARTAGER
AVEC LES MOINS FORTUNÉS ET LES MOINS CHANCEUX
Partager avec ceux qui sont moins chanceux et assister mutuellement ceux
qui sont dans le besoin.
Chapitre 5 NE
PAS EXPLOITER ET DOMINER LES AUTRES
Ne recourir ni aux mensonges, ni au pouvoir
spirituel, ni au pouvoir temporel pour dominer et exploiter les autres, et
proclamer le principe de l'égalité des chances pour tous.
Recourir
à la raison et à la science pour comprendre l'Univers et pour
résoudre les problèmes de l'existence, en évitant les
superstitions qui engourdissent l'esprit et empêchent de penser par
soi-même.
Chapitre 7 CONSERVER
ET AMÉLIORER LES RESSOURCES DE LA PLANÈTE
Conserver et améliorer l'environnement naturel de la Terre
—terre, sol, eau, air et espace—en tant qu'héritage commun
de l'humanité.
Chapitre 8 NE
PAS RECOURIR À LA VIOLENCE OU AUX GUERRES
Résoudre les différents et les conflits par la
coopération sans recourir à la violence et aux guerres.
Chapitre 9 INSTAURER
LA DÉMOCRATIE POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE
Organiser
l'espace public selon des principes de liberté et de
responsabilité, en adoptant la démocratie politique et
économique.
Chapitre 10 DÉvelopPER SON intelligence ET SES talents PAR
L'Éducation ET L'effort
Développer son intelligence et ses talents par
l'éducation et par l'effort, afin de s'épanouir et d'atteindre le
bonheur, pour le plus grand bien de l'humanité et des
générations futures.
Chapitre 11 LE
COMPORTEMENT MORAL DANS LE CONCRET
Le rôle nécessaire mais limité des institutions:
constitutions, lois, tribunaux, forces de l'ordre.
Conclusion L'AVENIR
DE L'HUMANITÉ
Notes
Bibliographie
Organisations humanistes et éthiques
Table des
matières
PREFACE
Ce
livre présente les grandes lignes d'une moralité globale pour
tous ceux et celles qui souhaiteraient suivre ses préceptes afin de
penser et vivre en tant qu'humaniste. On y trouvera la charpente d'un code
moral objectif fondé sur les notions de l'humanisme rationnel
et les raisons d'agir moralement dans différentes situations et
circonstances dans le contexte global qui est le nôtre
présentement.
Puisque
notre perspective sur le monde influence comment nous nous comportons face aux
autres, on doit évaluer tout code moral à partir de la
façon dont ses adhérents traitent les autres et si oui ou non son
application améliore la vie des gens. Si ceux qui le suivent ont peu de
regard pour les autres et si leurs valeurs morales finissent par abaisser la
qualité de vie d'autrui, on est en présence d'un mauvais code
moral; si, par contre, ceux qui y adhèrent ont de la
considération et de la compassion pour les autres, les traitent avec
dignité et respect, et que cela résulte en une amélioration
de la qualité de vie du plus grand nombre, on dira alors qu'il s'agit
d'un bon code moral. — C'est là le test ultime et pragmatique qui
repose sur des résultats concrets.
En
décembre 2004, le Mouvement Laïque Québécois me
décerna le Prix Condorcet de philosophie politique. À cette occasion,
on me demanda de faire une courte présentation sur les origines de la
moralité humaine (métaétique). Au cours de mes recherches,
et après avoir consulté une foule d'ouvrages laïcs et
religieux sur la question, ce qui me frappa fut de découvrir combien
restreint le concept de moralité humaine a été
conçu et appliqué à travers les âges. Ce qui
m'étonna le plus fut le fait que dans la plupart des cas, surtout quand
il s'est agi de moralité politico-religieuse, on a eu tendance à
réserver l'application des principes moraux retenus à un groupe
ethnique particulier, à une nation en particulier ou aux initiés
d'une dénomination religieuse quelconque. Dans presque tous les cas, on
ne percevait pas les principes moraux comme étant des valeurs
universelles devant s'appliquer à tous les humains sans distinction de
race, de langue ou de pays.
Il
semblerait que le but premier des leaders politico-religieux d'autrefois fut de
se servir de préceptes moraux à saveur religieuse dans le but
expresse d'accroître la cohésion sociale et politique de leur
groupe ou de leur communauté, et de renforcer son unité. Souvent,
cependant, cela se fit en sacrifiant les relations harmonieuses avec les
autres, en accentuant ce qui les distinguait des autres groupes, et parfois
même en allant jusqu'à nourrir et à accentuer un sentiment
d'hostilité envers d'autres communautés humaines. Cette
observation m'a conduit à l'observation que les codes moraux anciens, et
en particulier les codes moraux à base religieuse, laissent beaucoup
à désirer si on veut s'en servir pour solutionner les
problèmes modernes d'éthique. C'est qu'ils ont malheureusement
été conçus pour un autre temps alors que prévalait
une vison plus ethnocentrique et plus belliqueuse du monde.
Il
est relativement facile de conclure de cette façon en faisant une
lecture attentive des livres supposément « saints » des
principales religions monothéistes ou abrahamiques: le judaïsme (la
Tora), le christianisme (la Bible) et l'Islam (le Qur'an ou Coran).
Dans
ces trois livres que l'on prétend être le produit d'une
révélation divine, on découvre, par exemple, qu'il est dit
de « ne pas tuer ». Mais il est sous-entendu qu'il ne faut «
pas tuer les membres de son propre groupe ». Mais pour les autres, les
« non-initiés » —les voisins, les infidèles,
les incroyants, les mécréants, les païens, les ennemis, tout
est permis. C'est ainsi que le trouve dans le livre de Deutéronome
20:16-17 une incitation directe à commettre un génocide, et donc de
tuer, à l'endroit des peuples avoisinants: « Quant aux
villes de ces peuples que Yahvé votre Dieu vous donne en
héritage, vous n'y laisserez pas subsister âme qui vive. Mais,
vous les exterminerez complètement : les Hittites, les
Amoréens, les Cananéens, les Phéréziens, les
Héviens et les Yebousiens, ainsi que vous l'a commandé
Yahvé votre Dieu. » On découvre de
semblables incitations à la violence et à la cruauté dans
le livre saint de l'Islam, le Coran. On a peut-être là
l'explication première pourquoi les personnes qui sont des fanatiques
religieux n'ont aucun remords à tuer ceux qu'ils considèrent
leurs ennemis, ou tout individu qui ne fait pas partie de leur groupe
d'initiés, quelle que soit la façon qu'ils le définissent.
Une
deuxième lacune des codes moraux à base religieuse découle
de la distinction qu'il y est faite entre la moralité individuelle ou
privée et la moralité publique. Un type de moralité
s'applique aux gens ordinaires dans leur vie de tous les jours, et une autre
moralité est réservée aux personnes qui occupent des
postes dans la fonction publique ou qui sont à la tête de
l'état, quand ils agissent à ce titre. Un individu de ne doit pas
tuer ou voler, mais un chef d'état ou un chef d'armée peut le
faire impunément. Une telle distinction morale permet peut-être
d'expliquer plus que toute autre pourquoi l'humanité doit encore subir
des guerres meurtrières en série.
Deux
exemples tirés de l'histoire récente nous aident à saisir
toute la portés pratique d'une telle ambiguïté morale. Le
premier met en cause le leader politico-religieux Oussama Ben Laden qui,
à la tête du mouvement terroriste al-Quaida, professe entretenir
deux moralités contradictoires: une viendrait du Coran l'enjoignant de
« ne pas tuer »; l'autre, aussi tirée du Coran, qui l'autorise
à tuer des personnes innocentes si c'est pour « la cause de Dieu
(Allah) ». Le second a trait au président américain George
W. Bush, un homme qui se dit profondément religieux et qui se convertit
après une vie dévergondée. Cet homme se considérait
sans doute « moral » dans le sens religieux du terme quand il
lança son pays dans une guerre d'agression contre l'Irak, en 2003,
laquelle se solda par des centaines de milliers de morts, -hommes, femmes et
enfants.
D'où
vient une telle moralité à la carte? Je réponds à
une telle question en disant que les concepts moraux qui sont tirés de
la pensée religieuse moyenâgeuse sont fondamentalement
inadéquats pour les temps modernes, alors que le monde est de plus en
plus intégré, que la Planète semble se
rétrécir et que les problèmes planétaires requièrent
des solutions planétaires. De tels codes moraux relèvent d'une
autre époque, quand l'horizon géographique des regroupements
humains étaient bien circonscrit et quand les règles morales de
survie étaient plus rudimentaires et plus cruelles. Au cours des
prochains siècles, l'humanité devra faire siennes de nouvelles
normes de moralité, si elle veut accroître ses chances de survie
dans ce nouveau contexte qu'est celui de la mondialisation politique,
économique et culturelle. En particulier, le problème moral des
changements climatiques à l'échelle de la planète posera
un défi comme on en a jamais rencontré auparavant.
Une
troisième lacune observée dans les codes moraux à base
religieuse découle de la notion d'« enfer
» qu'ils contiennent, laquelle sert à effrayer non seulement les
fidèles, mais aussi à intimider et à démoniser tous
ceux et celles qui refusent de se soumettre aux dictats et aux dogmes des
autorités religieuses. La prolifération de telles menaces de
châtiment éternel fait appel à une forte dose
d'immoralité et d'injustice, parce qu'elle condamne sans appel les
deux-tiers de l'humanité, soit à l'exclusion, soit à des
persécutions, à des guerres de religion et même à
des génocides. Il s'agit pour la moralité religieuse d'un
défaut majeur, parce que l'idéologie de l'enfer, à cause
de la haine qu'elle a pu susciter contre « les autres », a pu
être la cause, directe ou indirecte, de millions de morts.
Une
quatrième lacune d'importance des moralités religieuses
découle de leur position philosophique à l'effet que l'esprit
humain existe indépendamment du corps humain. L'attitude négative
des églises à l'endroit du corps humain vient de cette dichotomie
artificielle et erronée qu'elles établissent entre les fonctions
physiologiques et cérébrales des personnes.
Face
à ces notions morales contradictoires et face aux nouveaux défis
que l'humanité se doit de relever, nous avons besoin d'un nouveau code
d'éthique humaniste et rationnel, c'est-à-dire une vision morale
qui transcende la moralité religieuse traditionnelle déficiente.
Il est possible qu'aux yeux de certains, il n'est nul besoin d'insister sur des
principes humanistes universels de moralité, puisqu'à premier
abord ils apparaissent tellement évidents. Nous ne sommes pas d'accord.
De tels principes ont besoin plus que jamais d'être
réitérés et d'être présentés d'une
façon ordonnée et convaincant. Ce sont des principes
supérieurs à tous autres, surtout si on les compare avec
l'éthique dualiste et la moralité de groupe qui découlent
des systèmes moraux à base religieuse. On se doit de non
seulement proclamer de tels principes humanistes de vie en
société, mais on doit les comparer sans merci aux autres
moralités fautives qui nous arrivent d'un passé plus ou moins lointain.
C'est
la raison pour laquelle nous adoptons le style comparatif pour présenter
et juger de la pertinence ou non de certains codes moraux. Cette
exégèse découle directement de ma conférence
d'acceptation du Prix Condorcet de philosophie politique et morale, dans laquelle
j'ai présenté d'une façon pédagogique les grands
principes moraux universels de la philosophie humaniste et comment de tels
principes entrent en contradiction avec plusieurs des principes moraux à
saveur religieuse.
Ce
livre ne fait pas dans la rectitude politique, car il pose carrément les
questions dans toute leur crudité et il conteste des visions
philosophiques et politiques qui ont encore cours. En ce début du 21ième
siècle, on ne peut plus se payer le luxe de compter sur des dieux
anciens et des prophètes d'une autre époque pour nous tracer la
voie de l'avenir. On doit plutôt puiser au fond de nous-mêmes pour
redécouvrir les règles fondamentales pour une vie en
société fondée sur la paix et la compréhension
mutuelle. Nous avons besoin d'un nouveau code moral pour combler le vide moral
environnant à travers le globe. —Mais attention: il faut bien
savoir que la lecture de ce livre est de nature à changer votre vision
des choses et votre façon d'aborder une foule de questions.
INTRODUCTION:
L'INFRASTRUCTURE
ÉTHIQUE DE TOUTE SOCIÉTÉ
"Vis ta vie de
manière à ce que la peur de la mort ne remplisse pas ton
cœur.
Ne te mêle pas de la
religion des autres.
Respecte l'opinion des
autres et exige qu'ils respectent la tienne.
Aime la vie, perfectionne
ta vie, et embellis toutes les choses dans ta vie.
Essaie d'avoir une vie
longue et fructueuse et consacre-la au service de tes semblables. Compose une
noble chanson finale pour le jour du grand départ.
Prends bien soin de
toujours dire un bon mot et de saluer un ami que tu rencontres ou croisses au
hasard, et fais de même quand il s'agit d'un étranger dans un
endroit éloigné.
Fais montre de respect
envers tous, mais ne rampe devant personne.
Quand tu te lèves le
matin, réjouis-toi en voyant la lumière du jour, et sois content
de te sentir en vie, et de jouir de tes forces. Sois reconnaissant de pouvoir
jouir de ton repas et de toutes les bonnes choses de la vie. Si tu ne vois
aucune raison de te réjouir, la faute n'en tient qu'à toi.
N'abuse de rien et de personne,
car l'abus fait de l'homme sage un fou et il engourdit l'esprit.
Quand viendra le moment de
la mort, ne sois pas comme ceux qui sont remplis de frayeur à la
pensée de mourir, et qui pleurent et prient afin d'avoir un peu plus de
temps pour refaire leur vie différemment.
C'est le moment alors
d'entonner ta chanson finale, et de mourir comme un héros qui rentre
chez lui."
Tecumseh,
(1768-1813) –Chef indien de la tribu des Shawnees aux États-Unis
I. UN
NOUVEAU CODE MORAL
Depuis que les humains vivent en groupe ou en
société afin de mieux s'entraider et de mieux assurer leur
survie, la question morale s'est forcément retrouvée au cœur
des rapports interpersonnels. Dans ce sens, la moralité est sans doute
la plus ancienne des questions philosophiques. Mais, qu'est-ce que la
moralité?La moralité est une caractéristique du
comportement humain; elle détermine quand une action est bonne et quand
elle est mauvaise. Elle peut être générale ou spécifique.
L'être humain a un sens inné de ce qui est bon ou mauvais,
indépendement de tout ce qui est déité ou supernaturel.
C'est son code moral de base. A titre d'exemple, les gens savent d'instinct que
tuer son semblable est répréhensible et que voler les autres est
mauvais.
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